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Lucas Beaufort, l’artiste acclamé par la scène skate mondiale

Lucas Beaufort, l’artiste acclamé par la scène skate mondiale

Artiste de 40 ans que l’on peut difficilement ranger dans une case, @Lucas_beaufort est un amoureux du skate qui puise ses inspirations dans des univers variés. Avec l’aide de Gus, son fidèle acolyte aux couleurs vives, que l’on retrouve dans quasiment chacune de ses créations, le peintre communique aisément un message d’amour et de bienveillance qui fait chaud au cœur. Track_05 a eu l’occasion de poser quelques questions à cet artiste passionnant pour en savoir un petit peu plus.

Dis‑moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es

  • Track_05, c’est avant tout une radio créer par des amoureux de la musique, tu peux donc nous parler de ce qui t’inspire en terme de son pour faire ce que tu fais ? 

J’écoute vraiment de tout, mais j’essaie toutefois de creuser dans chaque univers. J’ai mes moments entre du hip‑hop et de la musique classique. En ce moment en rap français, je suis à fond. @Benjaminepps sans conteste le futur du rap français avec du texte et du fond.

Les premiers pas… sur 4 roues

  • D’où te vient ta culture skate ? Tu as toujours baigné dedans ou es ce quelque chose que tu as développé pour maintenir ton inspiration ?

Je suis né dedans, ma mère m’a mis dessus à 6 ans, elle a eu du flair, car c’est ce qui m’a construit. Je t’encourage ainsi qu’à tes auditeurs de prendre le temps de regarder mon documentaire sur les médias de skate DEVOTED

 

  • Tu peins sur les photos des plus grands skatos d’hier comme d’aujourd’hui, ça fait quoi de dessiner sur ses propres idoles ?

À la base, c’est l’ennui qui m’a fait peindre dessus ainsi que ma passion pour le papier. Les années 90 pour moi furent des grandes années d’apprentissage. J’achetais tous les mags de skate. Un jour, j’ai peint sur une cover de Vice mag, je leur ai envoyé la photo et ils m’ont proposé un abonnement à l’année. J’ai fait la même chose avec tous les autres mags de skate et je me suis retrouvé avec 30 abonnements. J’étais et je suis au courant de tout hahah.

 

Une faim insatiable de nouveauté

  • Tu t’es installé en Normandie, une région qui est connue pour sa lumière et ses couleurs particulières qui en a inspiré plus d’un. Bien que tu voyages beaucoup est ce que cet endroit te permet de te reconnecter avec les couleurs vives que Gus a l’habitude de porter ?

Je me suis installé en Normandie en 2018. J’avais envie de quitter la ville pour de la sérénité. Quand tu es artiste, tu peux vivre partout, c’est l’avantage, du coup ma femme et moi sommes partis faire un tour de France pour trouver la maison et c’est la Normandie qui a remporté le tire.

 

  • On voit bien que tu ne te limites à aucun support, toiles, boards, murs, fringues, et même l’origami avec SOCA. D’où te vient cette envie et est ce qu’il y a encore quelques choses que tu n’as jamais testé qui te fait encore rêver ?

Tout ce qui m’intéresse, c’est l’expérience ! Je veux vibrer, trembler, bander pour quelque chose. Si demain, tu m’offres le Tour Eiffel à peindre, je ne vais pas hésiter une seconde.

 

📝 : @turfu_m_1_coup

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MARA, de Rouen à NTM

MARA, de Rouen à NTM

On vous a déjà présenté son baladeur, maintenant, on vous présente l’artiste plus en profondeur. Il oscille entre le rap, la danse et plus récemment le cinéma, @kypsmara fait parti de ces jeunes talents polyvalents. Après avoir fait ses débuts dans la ville au cent clochers l’artiste est passé par le Havre et maintenant il évolue également dans la capitale. Repéré par @audreyestrougo pour jouer un rôle dans le biopic de NTM qui sort courant 2022 vous pourrez le retrouver sur le tapis rouge de la prochaine édition du festival de Cannes pour la promo du film. On vous raconte l’histoire de Mara quelqu’un de très attaché à son équipe rouennaise et qui déborde d’ambition.

Les débuts à Rouen, un profond attachement à son équipe

  • Tout a commencé avec les potos de ton quartier à Rouen, est ce que tu as l’impression de t’être éloigné de ça ou est-ce que tu as toujours le même ressentit quand tu choppes le mic ?

Je suis toujours avec les mêmes personnes parce que je me dois d’être avec eux, tu vois. On est tous différents on ne fait pas la même musique et au fur et à mesure tu te rends compte qu’aujourd’hui c’est cette différence-là qui m’a permis d’évoluer, c’est ça mon inspiration là où j’ai grandi et les gens avec qui j’ai grandi tu vois. Chez moi, ce n’est pas la cité, ce n’est pas le tiex, mais c’est mon quartier. Après, j’ai développé mon projet personnel à moi, je me sens plus à l’aise, ça me permet d’avoir des libertés que je ne pouvais pas avoir si j’étais resté que tout le temps avec eux.

  • Et en dehors de la musique ça t’apportes quoi d’être toujours aussi proche de ta team ?

En gros, il n’y a pas trop d’étude en jeu et on est tous dans ce truc-là on se dit il y a que pour réussir à faire ce qu’on a envie de faire il n’y a personne qui va nous aider. Mais entre nous, il y a du soutien et plus ça avance plus il y a du soutien. Au début, c’est sûr qu’il y avait des gens qui n’y croyaient pas trop, mais quand il voit que finalement un clip peut t’emmener au cinéma, ils se disent qu’en fait, c’est possible ça, que ça existe.

  • Un petit mot pour eux ?

il y a qui font plus trop de rap parce qu’ils ne peuvent plus, je pense à mon gars BU qui est à l’armé je lui donne tout mon amour et toute ma force. Mais y en aussi qui essaye de continuer, je pense à mes gars Benke, Giver et Bilpun et franchement pareil, c’est que de l’amour, pour moi il n’y a que ça qui compte.

  • Aller, je vais te faire replonger en enfance, ça te fait quoi si je te parle du parc « marcel halbout » ?

C’est le parc juste en dessous du lycée où on était tous ensemble et il s’est passé énormément de choses tu vois, justement avec les gens que je viens de citer. On s’est tous fait grandir là bah, c’est l’endroit où on s’est fait contrôler par les keufs pendant 3 ans, on a rappé pendant 3 ans ou ça a fumé pour la première fois pour certaines personnes. Il y a tout eu là-bas, en passant du foot aux bagarres. C’était un peu le berceau musical de notre groupe de pote.

  • Dans le clip de nager, on voit apparaître un danseur, quels liens établis-tu entre la danse la musique ?

La dance, c’est mon premier rapport au hip-hop, quand j’étais petit ma mère était danseuse et elle m’emmenait à des spectacles de hip-hop parce qu’elle avait capté que j’adorais déjà les films sur ce sujet. Plus tard, j’ai rencontré des gens extraordinaires qui m’ont fait rentrer dans un groupe à la MJC qui s’appelle S2H (soit : syndrome hip-hop). Ils étaient tous plus grands que moi, j’étais leur petit et eux, c’étaient mes grands et ils m’ont fait découvrir un monde que dans lequel je ne serais jamais aller sans eux. C’est ça qui m’a en partie amené au rap. Mais quand je dansais je ne me serais jamais dit que ça allait m’amener au rap et je n’aurais jamais pensé que le rap aller m’amener au cinéma. Maintenant reste plus qu’à voir si j’ai bien franchi les étapes, je ne sais pas encore si je sais faire du cinéma, je n’ai toujours pas vue le film.

Élargir son paysage musical, la carrière solo

  • Dans toutes ces étapes tu es passé  par le Havre pour tes études, t’as bougé de Rouen et de son environnement, est-ce que ça a changé ta manière de faire et de voir la musique ?

Le havre, j’y suis parti pour les études et les études ce n’est pas trop mon truc, je ne te cache pas que ça ne s’est pas hyper bien passé. Après, j’aime bien l’environnement de là-bas, j’ai rencontré des gens cool, mais les études ne m’ont pas permis d’avancer forcément dans la musique, tu vois ce que je veux dire. Mais j’ai quand même eu l’occase de rencontrer des beatmakers, des ingés sons ou des managers qui ont élargis le paysage musical dans lequel j’évolue.

  • Tu as quelques noms ?

Ouais, j’ai un beatmaker que je connais bien qui s’appelle Roms et aussi un rappeur qui s’appelle stek qui va bientôt sortir quelque chose et j’ai hâte qu’il envoie vraiment la sauce parce que j’ai entendu des extraits et franchement, c’est super chaud. Donc ouais cette passe-là ça m’a ouvert, mais je te sors du positif comme du négatif, car tu vois je ne peux pas te parler que de positif si personnellement ça s’est pas super bien passé.

  • On a vu qu’après tu t’es recentré sur tes projets solo, on t’a plus beaucoup vu en featuring, a tu une raison particulière à cela ?

Les featuring, c’est bien, mais quand tu ne connais pas la personne, c’est très compliqué, tu vois. J’ai qu’un seul featuring dans mes bagages pour l’instant, c’est avec Bilpun et il ne sortira jamais parce qu’on sait qu’on peut faire mieux. Mais aussi parce que j’avais besoin de me concentrer sur moi-même, tu vois. Avant de montrer aux autres ce que je sais faire comme musique fallait que je me le montre à moi.

  • Ce n’est pas trop la galère de gérer le film et tes projets solos en même temps ?

Maintenant, le tournage est fini, j’ai mon statut d’intermittent du spectacle, c’est ma vie, du coup, j’ai pu m’acheter un peu plus de matos pour faire de la musique et me remettre au taff. J’ai envie de sortir quelque chose de plus abouti, mais je ne me sens pas encore prêt à 100%, faut continuer de travailler.

  • C’est vrai qu’on voit souvent des jeunes artistes qui veulent un peu se dépêcher et sortir un album rapidement et qui se retrouves avec un projet qu’ils regrettent dans leur discographie, tu vois ce que je veux dire ?

Mais nous, on pense aussi comme ça parce que tu vois on grandit en écoutant Nekfeu ou Jazzy bazz, des mecs qui prenait tellement de temps avant de faire un album parce qu’il savait que ce n’était pas en 15 minutes que tu allais sortir un joyau. Avant de sortir un album faut s’entraîner, s’entraîner, sortir des EP, tester des trucs.

NTM le film, s’improviser acteur

  • Pour parler un peu plus du film, tu peux nous expliquer comment tu t’es fait repérer ?

Tout le process commence en novembre 2018, j’étais en train de sécher les cours avec un pote et je reçois un message sur Instagram qui me dit qu’en gros, on veut me rencontrer pour jouer le rôle de Kool Shen sur le film suprême, le biopic de NTM. Le premier truc que je me dis, c’est : mais qu’est-ce que tu me racontes ! Finalement, c’était vrai, je me retrouve à passer un casting avec OBOY, Dimeh et Slimka. Je vous le dis d’avance, ils n’ont pas été pris ahaha. Après, pas de réponse pendant un an et c’est qu’en novembre 2019 que je reçois un message de Lamar directeur de casting qui me dit voilà Audrey Estrougo réalisatrice aimerait bien me revoir pour un 2nd rôle, après 5-6 autres castings, c’était bon.

  • Mais à la base ton truc à, c’est de rapper, comment t’as fait pour apprendre à jouer ?

Au départ il voulait savoir comment je rappais, surtout au premier casting, mais évidemment, on est des rappeurs d’aujourd’hui, ça a plus grand-chose avec le rap des années 2000. Mais c’était quand même un critère, fallait savoir rapper. Pour apprendre à jouer par contre j’ai fait 8 mois de répétition qu’ils nous ont tous offerte avec les autres acteurs. C’était dur, mais après, j’aime ça, jouer des personnages et tout, mais là, j’avais la chance d’avoir des mecs pour nous aiguiller. Y avait des gens très bons autour de moi, ça m’a encore plus donné envie de bien faire.

  • Quel rôle joues-tu dans ce film ?

Je joue Chino un des meilleurs potes de Joey Starr  à l’époque. C’est un mec avec ses habitudes, un gars un peu perturbé, très clairement un peu fou, il ne sait pas danser, il ne sait pas rapper c’est son pote de la cité qui aime bien se bagarrer.

  • C’est un personnage un peu complexe, un peu sombre ?

Pour certaines personnes, il peut l’être, pour moi, ça l’a été parce que déjà, je ne suis pas un bandit, je ne lui ressemble pas tant que ça donc je n’ai pas eu cette facilité pour le jouer. Mais petit à petit, j’ai compris qu’il y avait des points sur lesquels j’étais un en accord avec lui et d’autre sur lequel pas du tout. À titre personnel, c’est un personnage intéressant surtout parce qu’en fait, ce n’est pas un rappeur ce n’était pas un graffeur ce n’est pas un danseur, on est entièrement différent et ça, c’est hyper formateur.

📝 : @turfu_m_1_coup

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Quand le groove du rap rencontre la mélancolie du jazz

Quand le groove du rap rencontre la mélancolie du jazz

Producteur, compositeur, chef d’orchestre et à ses heures perdues rappeur, le jeune pianiste @alfamist est aujourd’hui un de ces couteaux suisses du jazz fusion qui nous fait oublier les frontières entre jazz et Hip‑Hop.

L’autodidacte du quartier de Newham

L’autodidacte du quartier populaire de Newham dans le East London fait son entrée dans la musique en tant que producteur de Grime et de Hip‑Hop. Inspiré par des légendes comme Tom Misch, Robert Glasper ou Miles Davis, le pianiste développe un style mélangeant des mélodies lyriques envoûtantes à des rythmes saccadés et torturés, rappelant incontestablement le maître du « swang » J Dilla. Propulsé sur la scène internationale du jazz par son album « Antiphon » l’artiste ne manque pas de passer par le New Morning et est indéniablement un des principaux ambassadeurs actuels du jazz fusion.

Un univers sombre

Armé du « gloomy » fender rohdes, Alfa Mist nous emmène dans un univers sombre à travers la sortie de son quatrième album « Bring Back » accompagné du MC Lex Amor et de la chanteuse Kaya Thomas‑Dyke. Directement inspiré d’un poème de Hilary Thomas sur la réalité de la construction d’une communauté dans un pays étranger, cet album autobiographique est un hommage à la musique noire des quartiers d’enfance du compositeur.

L’influence du jazz sur le Hip‑Hop

Si l’influence du jazz sur le Hip‑Hop est indéniable, Alfa Mist nous propose un processus inverse. Ses mélodies mélancoliques soutenues par l’utilisation de samples directement issus du rap nous montre que le Hip‑Hop peut désormais influencer le jazz. Un récent passage chez « Colors show » nous démontre une fois de plus la polyvalence du musicien au flow sobre mais puissant, capable de plaquer des suites d’accords inattendues en enchaînant des multi syllabiques percutantes.

Alfa Mist est à retrouver dans les playlists de track_05.


📝 : @turfu_m_1_coup